mardi 29 décembre 2009

France: le Conseil constitutionnel annule la taxe carbone

PARIS - Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi avoir annulé la taxe carbone qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, estimant que la loi crée trop d'exemptions, ce qui est "contraire à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique" et crée une inégalité face à l'impôt.

Les juges constitutionnels avaient été saisis le 22 décembre par les parlementaires socialistes sur le projet de budget pour 2010 instituant cette nouvelle taxe verte.

Ils ont considéré, selon un communiqué publié mardi soir, que "l'importance des exemptions totales de contribution carbone étaient contraires à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créaient une rupture d'égalité devant les charges publiques".

"Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone", en raison de ces multiples exemptions, selon les sages du Palais Royal.

"Par voie de conséquence", le conseil présidé par Jean-Louis Debré "a censuré l'ensemble du régime relatif à cette contribution".

(©AFP / 29 décembre 2009 21h00)

jeudi 24 décembre 2009

Lettre ouverte de sept avocats à Nicolas Sarkozy

Monsieur le Président,

[...]

Vous savez sans doute que le Tribunal, s'il vous a dit recevable en votre constitution de partie civile, vous a cependant renvoyé dans le mois suivant la fin de votre mandat pour la liquidation de votre préjudice. Votre avocat, notre confrère HERZOG, avait qualifié ce jugement d' « extravagant », ce qui nous semblait déjà dépasser de très loin la critique admissible en la matière.

La lecture de l'article intitulé « Le proc' COURROYE bouffe du Juge » paru le 16 décembre 2009 dans le Canard Enchainé nous scandalise plus encore. En effet, il y est fait mention dans le 3ème paragraphe de ce que les « poursuites disciplinaires » demandées par Monsieur COURROYE, Procureur de la République, à l'encontre de ce magistrat du siège se fonderaient, notamment, sur sa décision relative à votre constitution de partie civile.

[...]

Cette démarche, si elle était avérée, nous semblerait démontrer, d'une part, une fébrilité incompatible avec l'oeuvre de justice et, d'autre part, une volonté, déjà bien affirmée, de prise en main de l'autorité judiciaire. En effet, la 9ème chambre de la Cour d'Appel de VERSAILLES n'a pas encore rendu son arrêt.

Malgré l'indépendance, le courage même, dont ont pu faire preuve au cours de leur carrière les magistrats la composant, nous considérons que l'initiative du Procureur constitue une intolérable pression. Doivent-ils craindre, eux aussi, une enquête administrative ou quelque poursuite disciplinaire pour le cas où leur arrêt ne satisferait pas Monsieur COURROYE ?

Nous avions déjà mis l'accent au cours des audiences sur l'implication inhabituelle de celui-ci dans ce dossier : outre le caractère disproportionné de l'enquête qu'il avait initiée et des réquisitions systématiques de placement en détention provisoire prises par son Parquet, il n'avait pas hésité, nonobstant l'affirmation publique des liens qui vous unissent, à signer de sa main le réquisitoire définitif de renvoi de l'ensemble des personnes mises en examen devant le Tribunal Correctionnel, alors même qu'il n'en était pas le rédacteur. Le Juge d'Instruction l'ayant repris quasiment in extenso dans son ordonnance de renvoi, cette copie conforme du réquisitoire aboutissait de fait à ce que la juridiction, amenée à statuer sur votre constitution de partie civile, soit saisie par l'un de vos amis.

[...]

Nous pouvons affirmer, sans crainte d'un quelconque démenti, qu'aucun autre justiciable n'a, hélas, à ce jour, bénéficié de tant de sollicitude de la part d'un Procureur de la République. La demande de sanction ou d'enquête à l'encontre d'un magistrat du siège, dont l'indépendance est pourtant garantie par la Constitution, finit de démontrer que, décidemment, vous n'êtes pas un citoyen comme les autres, spécialement lorsque vous décidez de saisir la Justice, avec l'assistance, au surplus, de l'un de vos intimes, nommé par vos soins à son poste malgré l'avis contraire du Conseil Supérieur de la Magistrature.

Compte tenu de votre qualité revendiquée de partie civile dans ce dossier, il peut certes paraître surprenant de vous alerter mais il reste qu'en raison de vos fonctions et des charges qui y sont attachées, vous ne sauriez admettre de tels agissements qui mettent en cause les fondements même de notre démocratie.

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mardi 22 décembre 2009

La guerre du travail, par Seb Musset

“Travail” et “chômage“, c’est comme “progrès” et “UMP” : Des marques déposées et censées ne pas aller l’une sans l’autre.
D’où une montée de l’angoisse populaire alors que les chiffres du chômage (et de l’emploi précaire son corollaire) explosent et que le gouvernement pris en flagrant délit de ratage de progrès en minimise la portée derrière des catégories cache-misère.

Challenges, magazine de droite néo-conne catapultant le Fig Mag au rayon livre d’images pour gauchistes, publie dans un récent numéro un article titré“le grand soir attendra” et reproduisant un extrait de la note conjoncture de l’association de DRH Entreprise et personnel (en collaboration avec l’institut Supérieur du Travail) qui infirme celle alarmiste de 2008 :
“ L’insurrection sociale promise par certains à fait pschiit.” (sic)

Le rapport se félicite de la collaboration active des organisations syndicales dans la gestion de la crise en 2009. A l’instar du gouvernement, le rapport est confiant : Il n’y aura pas de grands mouvements sociaux à redouter en 2010 tant que les français seront inquiets pour leur emploi.

“ L’insurrection sociale promise par certains à fait pschiit.” (sic)

Le rapport se félicite de la collaboration active des organisations syndicales dans la gestion de la crise en 2009. A l’instar du gouvernement, le rapport est confiant : Il n’y aura pas de grands mouvements sociaux à redouter en 2010 tant que les français seront inquiets pour leur emploi.

La pulsion de révolte du travailleur moderne est donc liée à son sentiment de sécurité. Logique libérale : Plus la victime est brimée, abusée, déprimée, moins elle se révolte.

L’espace de deux générations, le travailleur français, ce héros social qui avait tant obtenu au fil des luttes, s’est métamorphosé en salarié anonyme, isolé, stressé et suicidaire, collaborateur de bourreau par peur de perdre un petit confort générique à obsolescence accélérée, réduit à vénérer surfacebook son frère d’armes qui, lui, a eu l’audace de braquer le fourgon de son employeur.

Un bref retour en arrière s’impose pour comprendre les mécanismes qui sous-tendent ce renversement des valeurs au profit des exploiteurs.
* * *
Il y quarante ans dans une galaxie lointaine avec une croissance très, très éloignée de la nôtre.

Depuis 1936, dans le prolongement de la seconde guerre, la condition du travailleur n’a de cesse de s’améliorer. Retraite, congés payés, remboursement des soins, salaire minimum : question travail, l’avenir lui apparait si ce n’est radieux au moins sécurisé.

Le mot chômage est alors quasi inconnu : il touche une frange marginale de la société surnommée “ceux qui le veulent bien“. Retenez bien cette vision des choses par la classe dominante relayée par la classe moyenne qui émerge à cette époque : elle va vous (des)servir pour la suite.

1967. C’est dans un esprit d’optimisation des ressources humaines que le secrétaire d’état aux affaires sociales chargé de l’emploi, un certain Jacques Chirac, crée l’Agence Nationale pour l’Emploi.

La France compte alors 400.000 chômeurs soit 2% de la population active.

1973. Premier choc pétrolier. Les travailleurs ne le savent pas encore mais c’est la fin des belles années.

1975. Le chômage dépasse la barre des 3% de la population active française. Il est toujours caché sous le tapis d’une reprise constamment repoussée (ça aussi notez, on va s’en resservir). Croissance molle, forte inflation : Pour pallier aux conséquences sociales d’une crise marketéecomme exotique (”En France, on a pas de pétrole mais on a des idées“), l’ANPE publie enfin des offres d’emploi dans ses agences. (notez qu’il aura fallu huit ans, ce qui en dit long sur la volonté de voir les problèmes en face.)

1976. Le capitalisme entame son changement de régime. Alors que la classe moyenne de cadres et d’employés (en résumé : les enfants du baby-boom), ayant bénéficié de la dynamique des deux décennies précédentes dans des proportions jusque là inédites, s’en soucie peu, la notion de chômage s’insinue chez ceux qui ont raté le train : les plus jeunes.

1979-1980 : En Angleterre puis aux États-Unis, alors en plein marasme économique, avec les élections de Thatcher et Ronald Reagan, l’impulsion néolibérale de sortie de crise, façon Chicago Boys est initiée. Les deux leaders sont résolus à péter les cloisons de l’architecture sociale selon les schémas d’agrandissement du capital. Concrètement : Les heures de la politique de relance par l’investissement public au bénéfice du citoyen sont comptées et celles du travailleur le seront de moins en moins.

Dans ces pays les politiques publiques privilégieront les entreprises. Depuis les étages supérieurs de la société en direction des maillons intermédiaires et faibles, l’idée se propage qu’en favorisant les riches, on enrichit ceux d’en dessous (là aussi notez cette vérité et commencez à vous enduire de vaseline).

En Angleterre, la dame de fer mate violement les syndicats, favorise la dérégulation salariale et endort la classe ouvrière en lui permettant d’accéder à la propriété (à crédit) de ses anciens logements sociaux. Règle d’or de l’arnaque : Faire croire aux pauvres qu’ils seront riches un jour, ça marche toujours.[1]

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Walter retour en résistance de Gilles Perret dans le prochain Vent d'Oc

Bande annonce du documentaire de Gilles Perret "Walter retour en résistance"
Sortie nationale le 4 novembre 2009 Parasite Distribution
Produit par Fabrice Ferrari et La Vaka Productions


Plus d'infos sur :
-www.walterretourenresistance.com
-www.lavaka.com



Rencontré au Festival de Groland, Gilles Perret évoque sa rencontre avec le résistant Walter Bassan.

lundi 21 décembre 2009

Avec Nouvel Hermes, décolorons la perversion Narcissique de Nicolas Sarkozy


Cet article tiré du blog Nouvel Hermes nous permet, en donnant la parole à d'autres blogueurs (comme nous le faisons souvent sur ce blog),de nous prémunir de l'apparition de cette perversion narcissique qui nous guette toujours un peu !


Les principaux critères diagnostiques du trouble de la personnalité narcissique veulent que le patient présente au moins cinq des symptômes suivants :

le sujet :

-a un sens grandiose de sa propre importance (par exemple, surestime ses réalisations et ses capacités, s’attend à être reconnu comme supérieur sans avoir accompli quelque chose en rapport) ;

-est absorbé par des fantaisies de succès illimité, de pouvoir, de splendeur, de beauté, de perfection, ou d’amour idéal ;

-pense être « spécial » et unique et ne pouvoir être admis ou compris que par des institutions ou des gens spéciaux et de haut niveau ;

-montre un besoin excessif d’être admiré ;

-pense que tout lui est dû : s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaits ;

-exploite l’autre dans les relations interpersonnelles : utilise autrui pour parvenir à ses propres fins ;

-manque d’empathie : n’est pas disposé à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d’autrui ;

-envie souvent les autres, et croit que les autres l’envient ;

-fait preuve d’attitudes et de comportements arrogants.

Notre patient, Nicolas Sarkozy, entre largement dans cette catégorie décrite, entre autre, dans Wikipédia où l’on lira la définition suivante : La perversion narcissique est une tendance à utiliser l’autre pour se faire « exister plus. »

Mais au-delà des symptômes qui renvoient à l’infantilisme du Président de la République – impossibilité de se mettre en retrait, cette façon de bousculer tout le monde pour se faire remarquer au premier rang, ces yeux qui s’allument à la vue d’un beau joujou, tel le stylo Mont-Blanc qu’il empoche en Roumanie, cette façon de dire : « Regardez-là ma meuf, z’en avez une comme ça vous ? » – la forme même de son discours est fortement empreinte d’une structuration narcissique.

Lors de sa dernière prestation télévisée avec Michel Denizot sur Canal+, le Président n’a pu s’empêcher de poser cette fausse question qu’il ne cesse décliner rituellement d’un discours à l’autre en arborant le sourire satisfait de celui qui piège son auditoire :

« Voudriez-vous que je reste à mon bureau, les bras croisés, à ne rien faire ?"

Une phrase qui souligne un activisme sans actes et que le Président accompagnera en croisant les bras.

La parole donc et le geste qui met en scène la dénégation de cette parole. Comme s’il se contemplait dans l’admiration de celle-ci qui, effectivement, interdit toute contradiction de « bon sens. » Avec aussi cette double phrase pour le moins étrange : "TU es le Chef de l’Etat. Si JE n’agis pas maintenant..." Ô miroir, ô mon miroir...

D’ailleurs le « journaliste » n’est choisi que pour son silence complice, il est censé « figurer » le spectateur qui ne peut répondre mais n’a d’autre choix que d’acquiescer.

L’interviewer n’est alors plus que le miroir de la parole présidentielle, miroir et écran dans lequel le Président ne dit rien, n’informe pas mais se regarde et se montre.

La parole présidentielle se fait exhibitionniste. L’écran de télévision est cet espace d’auto admiration dans lequel le spectateur, le « citoyen » dépossédé est réduit à un silence complice : la forme mime le ton d’un débat qui nous impliquerait et rythme un discours qui, ainsi, incarne l’apparence de l’action.

Or Narcisse n’agit pas.

Agenouillé devant son miroir, dans la contemplation de lui-même, il est imperméable au monde et aux autres. Sauf à être admiré.

Sans doute est-ce pour cela que, paradoxalement, tout le sarkozisme repose sur la communication : l’art du faux dialogue.

Ce n’est plus la propagande, injonctive, qui vous somme d’adhérer mais une séduction fondée sur cette absence de réalité de l’Autre réduit au fantasme d’un simple spectateur.

Un Autre déchu de toute citoyenneté, définitivement exilé du champ politique. On comprendra mieux alors pourquoi il n’y a pas un discours sarkoziste mais dix, qui se superposent au gré du temps et de son interlocuteur imaginaire : un discours pour l’électeur d’extrême droite, le lendemain un autre pour celui de gauche et un autre jour pour l’écologiste.

Nicolas Sarkozy s’agenouillera devant n’importe quel discours pour peu que celui-ci le rende admirable.

C’est moi, moi, moi. Avant Obama ou Merckel, Moi ! Cette « communication » est donc un leurre qui vous incite à entrer dans l’espace présidentiel.

L’intimité qu’il feint de vous faire partager n’est rien d’autre que son plaisir solitaire. Le sarkozisme, maladie infantile du néo-libéralisme ?

vendredi 18 décembre 2009

Revue de Presse de Pierre Jovanovic avec François Asselineau sur Radio Ici et Maintenant


François Asselineau sur Wikipedia

Identité nationale: Le débat entre Finkielkraut et Badiou

Finkielkraut-Badiou: le face-à-face

Réunis pour la première fois dans la presse, l'auteur d'«Eloge de l'amour» et celui d'«Un coeur intelligent», débattent de l'identité nationale, de la politique sarkozyste et d'Israël. Un affrontement idéologique d'une rare violence, qui a été arbitré au «Nouvel Observateur» par Aude Lancelin, et dont voici le verbatim intégral

Né en 1949 à Paris, Alain Finkielkraut, philosophe et enseignant à Polytechnique, est l'auteur de «la Défaite de la pensée» (Gallimard) et d'«Un cœur intelligent» (Stock/Flammarion).

Né en 1937 à Rabat, Alain Badiou, philosophe et professeur à l'ENS de la rue d'Ulm, est l'auteur de «l'Etre et l'Evénement» (Seuil) et «Eloge de l'amour» (Flammarion).

Le Nouvel Observateur. - Un débat sur «l'identité nationale» a été imposé au pays pour des raisons largement électorales. Maintenant que de façon assez prévisible il dérape, comment y faire face ?

Alain Finkielkraut. - Je ne sais si le débat est opportun mais l'inquiétude est légitime. Dans sa fameuse conférence de 1882, Renan commence par écarter toute définition raciale de la nation. « L'histoire humaine diffère essentiellement de la zoologie », dit-il, et il définit la nation comme un principe spirituel, comme une âme (il ne faut pas avoir peur de ce mot), composée de deux éléments : un riche legs de souvenirs, un héritage de gloire et de regrets à partager d'une part, et de l'autre, le consentement actuel, le désir de continuer la vie commune. Or la France est aujourd'hui le théâtre d'une double crise : de l'héritage et du consentement. L'exécration de la France est à l'ordre du jour dans une fraction non négligeable des nouvelles populations françaises. Il faut vivre à l'abri du réel pour considérer que cette francophobie militante est une réponse au racisme d'Etat ou à la stigmatisation de l'étranger.

Quant à l'héritage, l'école, depuis quarante ans, travaille avec ardeur à sa dilapidation. De plus en plus de Français, élites comprises, sont aujourd'hui étrangers à leur langue, à leur littérature, à leur histoire, à leurs paysages. C'est parce que la civilisation française est peut-être en train de disparaître que cette question de l'identité nationale intéresse tant de monde alors que personne n'est dupe de la manœuvre électorale. Ce qu'on peut reprocher au gouvernement ce n'est pas de s'occuper de l'identité nationale, c'est de s'en décharger sur un débat. J'aurais préféré une vraie politique de la transmission de l'héritage.

N.O. - Les actes du gouvernement Sarkozy vont pourtant en sens inverse de son discours sur l'héritage : voyez par exemple cette volonté de supprimer l'enseignement de l'histoire dans les terminales S...

A. Finkielkraut. - C'est une contradiction. Entre Richard Descoings et Marc Bloch il faut choisir. Mais une refondation de l'école dans ce sens (recentrage autour de la culture et rétablissement de l'exigence) jetterait dans la rue collégiens, lycéens, syndicats d'enseignants et fédérations de parents d'élèves. L'inculture pour tous est une conquête démocratique sur laquelle il sera très difficile de revenir.



Alain Badiou. - Une discussion organisée par le gouvernement sur « l'identité française » ne peut qu'être la recherche de critère administratifs sur « qui est un bon Français qui ne l'est pas ». Les sérieux juristes du gouvernement Pétain avaient bien travaillé dans ce sens ! Ils avaient montré, avec une science bien calme, que les Juifs et autres métèques n'étaient pas des bons Français... On peut donc, on doit, être très inquiet de l'initiative Sarkozy-Besson. Quand l'Etat commence à se soucier d'une légitimité identitaire, on est dans la réaction la plus noire, l'expérience historique le montre. Cette initiative est donc non seulement stupide et incohérente, comme on le voit tous les jours, mais elle s'inscrit aussi dans ce que j'ai appelé le « pétainisme transcendantal » du gouvernement Sarkozy.

Dès que les considérations identitaires sont injectées dans la politique, dans le pouvoir d'Etat, on est dans une logique qu'il faut bien appeler néo-fasciste. Car une définition identitaire de la population se heurte à ceci que toute population, dans le monde contemporain, étant composite, hétérogène et multiforme, la seule réalité de cette identification va être négative. On ne parviendra nullement à identifier ce qu'est la « civilisation française », entité dont j'ignore ce qu'elle signifie, on va juste clairement désigner ceux qui n'en sont pas.

Il y a dans notre pays des millions de gens qui sont ici parfois depuis des décennies, qui ont construit nos routes, nos ponts, nos maisons, qui vivent dans des conditions déplorables, qui ont fait tout ça pour des salaires de misère, et que les gouvernements successifs, depuis trente ans, accablent de lois persécutrices, expulsent, enferment dans des zones de non-droit, contrôlent, empêchent de vivre ici avec leurs familles... Or on sait d'avance que ce sont ces gens qu'on va désigner comme n'étant pas vraiment français. Cette vision politique, est absolument répugnante, et je pèse mes mots.

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jeudi 17 décembre 2009

Attentat de Karachi : Nicolas Sarkozy accusé d'être "au coeur de la corruption"

Me Olivier Morice, l'avocat des familles de six salariés français de la DCN (Direction des constructions navales) morts dans l'attentat de Karachi en 2002 a mis en cause le président de la République Nicolas Sarkozy, jeudi, lors d'une conférence de presse à Paris.

"M. Sarkozy est au coeur de la corruption. Elle a été validée quand il était ministre du Budget (en 1994) mais aussi lorsque c'est lui qui s'est occupé de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur" en 1995, a accusé l'avocat. Des propos immédiatement démentis par l'Elysée.

Pour Me Morice, "on ne peut pas étouffer, dans un Etat démocratique comme le nôtre, un tel scandale". "Le président est couvert par l'immunité mais ce n'est pas le cas de" l'ancien Premier ministre "Edouard Balladur", de l'ancien ministre de la défense "Philippe Léotard", "Renaud Donnedieu de Vabres et Nicolas Bazire", ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur, a-t-il dit.

Aux yeux de l'avocat, "Nicolas Sarkozy est au coeur parce qu'il a parfaitement conscience, au moment où est validé le système des sociétés écran mises en place, que le montant des commissions exorbitantes est payé très rapidement et n'a d'autre objectif que de financer la campagne présidentielle de M. Balladur".

L'Elysée s'est aussitôt indigné dans un communiqué. Il s'agit de propos "mettant en cause directement le chef de l'État qui relèvent de la diffamation et qui ne sauraient être excusés par l'expression de la légitime douleur des victimes ou de leurs ayants droit", a souligné la présidence de la République, en indiquant que le chef de l'Etat "se réserve la possibilité d'y donner les suites de droit et s'inscrit catégoriquement en faux à l'encontre de ces allégations".

L'avocat a déposé une plainte, lundi, notamment pour "corruption active et passive" et "extorsion en bande organisée" contre l'Association pour la réforme, créée par Edouard Balladur en 1995. Ce dépôt de plainte a été confirmé par le parquet de Paris. AP

Source : Yahoo


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mercredi 16 décembre 2009

2000'Gliss Party à Oloron le 26 Dec



Samedi 26 décembre 2009-
De 19h à 23h- au jardin Public (entrée libre)
Organisé par le Service Jeunesse de la Mairie d’Oloron Ste Marie

Avec :
-Nocturne Patinoire jusqu’à 22h
-Démonstration de skate sur modules avec l’Association des Skateurs Oloronais
-Garbure et Grillades proposées par l’Articho
-Thé et pâtisseries marocaines proposés par 4 Jeunes dans le cadre du Projet Sac’ados

Concerts

The Otherz (Rock)

Ce jeune groupe de lycéens d’Orthez surfe avec aisance et talent sur la nouvelle vague BB rock hexagonale sans apparemment en conserver les (im)postures. Des CLASH aux STROKES, leur répertoire se nourrit de valeurs sures et leur maturité musicale va en impressionner plus d’un.
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Les désaxés (Reggae Radical)
Gadj (à la batterie), Faya (à la basse) et Antoine (à la guitare et au chant) forment les Désaxés. Ce groupe de "reggae radical" palois, accompagné de lignes mélodiques informatiques, distille une musique entraînante et délivre un discours engagé. Ils tirent leur inspiration de nombreuses formations reggae et ska, du roots (toots and the maytals, the gladiators) aux nouveaux grands noms (Perfect, Groundation, Rebelution, Soldiers of Jah Army, Sebastian Sturm...). Fondé en 2005, ils ont fait 2 albums ("Utopia", 2005 et "Les dÉs@Xé$, 2006)
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SixMoi (Reggae Hip-Hop)
SIXMOI c'est Skano, rappeur engagé depuis plusieurs années qui un jour croise la route d'Arthur, guitariste à ses heures perdues, fan de reggae (réincarnation de BOB selon sa maman), aimé de tout Orthez qu'il parcours sans arrêt sur son fauteuil éléctrique. Après avoir un peu collaboré à 2, Etienne, lui béquilleur musicien principalement guitariste surtout orienté vers le Punk Ska, décide de les rejoindre.
Suite à ça les 3 SIXMOI enfin réunis se mirent à jouer accompagné avec toute la magie de la M.A.O, 50 musiciens dans un MacBookPro.

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The chaplins (Rock)
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Acquis du CNR: L'appel des résistants

Appel à la commémoration du 60e anniversaire du Programme du Conseil National de la Résistance du 15 mars 1944


Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle.
Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte.
Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succèderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

• Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 :

Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc.

Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée ?

Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

• Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

• Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grandsparents, les éducateurs, les autorités publiques à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.
Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c'est résister. Résister, c'est créer. »


Les sociétés du CAC 40 échappent à l'impôt

Selon le dernier rapport du Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO), les entreprises du CAC 40 paieraient 2,3 fois moins d'impôts que les petites et moyennes entreprises.

Les entreprises face à l'impôt ne sont pas logées à la même enseigne. Une inégalité de traitement liées aux opportunités d'optimisations fiscales offertes par les nombreux régimes dérogatoires prévues par la loi française. Le taux implicite d'imposition (impôt sur les sociétés effectivement payés par les sociétés rapporté à l'excédent net d'exploitation) ainsi obtenu est de 30% pour les entreprises de moins de neuf salariés contre 8% pour les entreprises du CAC 40.(...)

Cette situation est due à ce que les sociétés appellent «l'optimisation fiscale», diverses techniques utilisées pour alléger la facture des impôts et qui passent souvent par une implantation dans les paradis fiscaux.

Selon une enquête du périodique Alternatives économiques, les sociétés de CAC 40 possèdent environ 1.500 filiales dans ces paradis, dont plus de 189 pour BNP Paribas, 140 pour LVMH ou encore 115 pour le Crédit Agricole. Rappelons que les pratiques de ces sociétés ont été officiellement condamnées par les pays du G20, qui a assuré qu'il entendait les faire rentrer dans le rang. (...)

Toujours selon le rapport du CPO, si les entreprises du CAC 40 acquittaient l'impôt comme les PME, elles paieraient 15 milliards d'euros et non pas 6,5 milliards d'euros, soit un manque à gagner pour l'Etat issu de cette «optimisation fiscale» des bénéfices du CAC 40 de huit milliards d'euros.

Source : Le Figaro

lundi 14 décembre 2009

Oloron : Bernard Uthurry et l'identité nationale


Samedi, à Jaca, lors de la première commémoreration des fusillés de la République avortée en 1930 et ceux du soulèvement de 1936, le maire, Bernard Uthurry, a repris la substance de son intervention de Bidos. Celle-ci n'est pas passée inaperçue, la veille, dans le cadre du débat sur l'identité nationale organisé par la préfecture.

« Devant la mémoire des civils espagnols qui ont payé de leur vie leur soutien à la République, nous pensons aussi à ceux qui se sont réfugiés, en France, pour échapper à une mort certaine et qui, pour beaucoup d'entre eux, ont prolongé leur combat pour la liberté en s'engageant dans la Résistance française contre l'invasion nazie », dit-il. « Oloron porte la marque de fabrique de ces résistants qui s'y sont installés, y apportant leur culture, leurs savoir-faire, leurs idées. Au nom de quoi devrions-nous aujourd'hui nous interroger sur leur identité ? Pour peu que l'on s'informe, il saute aux yeux que ce débat devient parfois nauséabond en se plaçant sur le terrain de l'immigration et avant de se concentrer sur l'Islam. »

Pour le maire d'Oloron, l'identité française est fondée sur l'adhésion au pacte républicain. « Et l'identité républicaine de la France est fondée sur la liberté, l'égalité et la fraternité. C'est cela qu'il faut défendre et non pas l'idée d'une nation ethnique. Il ne faut pas que le terme identité porte en lui une quelconque ambiguïté qui donnerait de notre pays une vision statique, figée, réductrice, visant à le refermer sur lui-même. L'identité d'aujourd'hui n'est pas forcément celle de demain. Sachons tirer les leçons de l'histoire et conserver à la France l'image d'un carrefour culturel. »
Source : Sud Ouest

Le fascisme italien: Un documentaire d'Arte en couleur





Mise en garde, certaines images sont difficiles.

vendredi 11 décembre 2009

Pierre Bergé accuse: "les organisateurs du Téléthon ont trop d'argent !"

Pierre Bergé, riche homme d'affaire et proche de Ségolène Royal et Vincent Peillon a révélé sur France Info dans l'émission "Parlons Net" être myopathe et en a profité pour dire tout le mal qu'il pensait du Téléthon :

"Je suis une des rares personnes qui puissent s’opposer au Téléthon puisque je suis myopathe. Je n'accuse personne de détourner de l'argent, absolument pas. Mais j'accuse que 100 millions d'euros pour le Téléthon ne servent à rien ! Je dis clairement que ça ne sert d'autant moins à rien que les organisateurs du Téléthon ont trop d'argent. Ils achètent des immeubles ! C'est pas comme ça que les choses se font."

"Le Téléthon parasite la générosité des français, la capte d'une manière populiste en exhibant le malheur des enfants myopathes"


Selon Monsieur Bergé les sommes perçues devraient être redistribuées à plusieurs organisations.

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La liste des réformes par Denis Kessler, ancien vice-psdt du Medef, administrateur de BNP Paribas, Dexia, Bolloré, Dassault

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d'importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux.

La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !
A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d'«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.
Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l'importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d'être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.
Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l'histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l'évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s'adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.
Le problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu'il leur donne une vocation éternelle, qu'il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu'elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d'une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s'érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s'attaquent à ces institutions d'après guerre apparaissent sacrilèges.
Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l'essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l'on puisse envisager l'aggiornamento qui s'annonce. Mais cela ne suffisait pas. Il fallait aussi que le débat interne au sein du monde gaulliste soit tranché, et que ceux qui croyaient pouvoir continuer à rafistoler sans cesse un modèle usé, devenu inadapté, laissent place à une nouvelle génération d'entrepreneurs politiques et sociaux. Désavouer les pères fondateurs n'est pas un problème qu'en psychanalyse.

Source : Magazine Challenge du 04/10/07

Un quart des salariés de Provence Alpes Côte d'Azur gagne moins de 830€ par mois


Dans tous les départements de Provence-Alpes-Côte d'Azur, la pauvreté est plus forte qu'au niveau national. Différentes formes de pauvreté coexistent dans la région, qu'il s'agisse d'une pauvreté touchant davantage les jeunes et les familles monoparentales ou d'une pauvreté ciblant les personnes âgées. Le travail ne protège pas toujours de la pauvreté. En effet, les travailleurs pauvres et leur famille représentent près de la moitié des personnes pauvres de la région. Par ailleurs, un quart des salariés de Provence-Alpes-Côte d'Azur touche un salaire inférieur à 830 euros par mois (seuil de bas salaire) contre un salarié sur cinq en France métropolitaine. Généralement associé à une activité à temps partiel ou à une durée d'emploi réduite sur l'année, le risque d'être à bas salaire s'avère très élevé chez les jeunes et les salariés en contrat à durée déterminée.

NB : Ces chiffres datent de 2007, avec la crise ils doivent être encore plus importants
Voir l'enquête de l'INSEE

mercredi 9 décembre 2009

L'UMP: Trop à droite ? Très à droite ? Ou de droite tout court ?

Le départ de l'UMP de l'ancien ministre Hervé de Charrette relance fort opportunément le débat sur la nature politique profonde de cette formation politique.


Charrette la quitte au motif que l'UMP "est trop à droite". Il est vrai que si on compare la doctrine profonde de l'UMP au pouvoir, incarnée, portée par l'actuel président de la République, force sera de constater qu'elle bien éloignée du Gaullisme rassembleur repeint aux couleurs du conservatisme patelin pompidolien, du radicalisme immobiliste chiraquien ou du libéralisme teintée de sauce démocrate chrétienne revu et corrigé façon "décrispation" Giscardienne.

Je ne sais pourquoi, mon esprit ne peut s'empêcher d'accoler le jugement d'Hervé de Charrette à celui que Jean-Christophe Cambadélis a tenu sur Eric Besson, le comparant à Pierre Laval. Et je ne sais pourquoi, dans le même élan, mon esprit ne peut s'empêcher de penser à ce mot de Jean-Michel Aphatie estimant que si Angela Merkel avait lancé un débat sur l'identité nationale allemande, toute la presse française aurait parlé du retour « des casques à pointes ».

Pour ma modeste part, je ne suis pas étonné de ce retour à droite de la droite. Et même; tiens, je considère même que ce n'est même pas un retour. C'est la droite telle qu'en elle même. Exemple? Beaucoup de nos avisés observateurs se gaussent des répercussions entrainés par le navrant débat sur l'identité nationale depuis qu'un petit maire UMP s'est laissé aller à dire ce qu'il attendait de ce débat (« Ils sont 10 millions, ils vont nous bouffer et ils ne foutent rien »), et affectent de penser que cette tirade est la conséquence du lancement de ce débat inepte. Eh bien non! Il n'y a aucun lien de cause à effet. Il n'y a pas là de révélation, juste une constatation. La droite profonde française, c'est pas toujours joli, joli...

Lorsque j'étais journaliste politique à France 2 et affecté à la couverture des travaux de l'Assemblée nationale et à l'actualité du FN, j'avais observé qu'entre bien des membres du parti de Jean-Marie Le Pen et bon nombre de députés de base RPR-UDF (souvent maires), les propos tenus en privé, loin de Chirac, Séguin et quelques autres, étaient assez similaires à ce que j'entendais de la part de certains leaders frontistes. Immigration, moeurs, justice... C'était kif-kif. Et comme par ailleurs, je n'avais pas oublié (entre autres) toutes les campagnes de la droite française ( de Madelin à Longuet en passant par Devedjian) menées contre Robert Badinter ministre de la Justice, je ne m'en étonnais pas.

C'est bien pour cette raison que j'ai toujours, en tant que citoyen, approuvé le rétablissement de la proportionnelle lors des élections législatives 1986 et toutes les manœuvres de François Mitterrand qui avaient pour but de renvoyer à la face de cette droite « républicaine » à faux nez, qui se cachait derrière Chirac et quelques autres, son propre enfant adultérin, l'empêchant ainsi de revenir au pouvoir. Parce que dans le fond, ils étaient et sont tous pareils. Et François Mitterrand le savait bien, comme le savent du reste tous ceux qui sont issus de milieux politiquement et culturellement de droite.



Le gaullisme et ses avatars pompidolien et chiraquien, de même que le Giscardisme « décrispé » ont été une parenthèse dans l'histoire de cette droite française qui, depuis 1789, cherche en vain à briser tout ce que la révolution française a engendré. La vraie rupture a bien eu lieu. Le leader de la droite n'est pas un intellectuel conservateur débonnaire, ni un radical tombé à droite par hasard au gré des amitiés diverses. Non. Il est le visage de cette droite profonde qui attend sa revanche depuis 1789, 1875, 1936, 1945 et 1981, nourrie par la rancœur de ses défaites politiques et morales, innervée par la réaction catholique née de 1789. Relisez le discours de Latran (décembre 2007) prononcé par l'actuel chef de l'Etat français. « Le curé plus important que l'instituteur », tout est là! Y compris les prémisses de l'actuel faux débat sur l'identité nationale.

« La laïcité ne saurait être la négation du passé. La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, c’est dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire. » Et encore: « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé … parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. » Et enfin: « Et c’est donc tout naturellement, comme le général de Gaulle, comme Valéry Giscard d’Estaing, comme Jacques Chirac, que je suis venu m’inscrire avec bonheur dans cette tradition. »

Et voilà. Comme par hasard, on notera que Pompidou et Mitterrand, les deux agnostiques, ne sont pas cités.

Vu que le projet est connu depuis deux ans et demi, on ne peut que s'étonner de la surprise affichée par certains commentateurs à voir un républicain honorable comme Hervé de Charrette quitter une formation trop à droite. De même, on s'étonnera de la naïveté d'une partie de la Gauche à bien vouloir causer de l'identité nationale avec ce pouvoir là, alors que tout est écrit d'avance. On déroule le tapis rouge au curé pour la transmission des valeurs et on enlève l'enseignement de l'Histoire en Terminale S... Comment ne pas voir que tout est lié?

Le vrai problème du PS d'aujourd'hui, c'est qu'il est trop tenu par des gens nés à gauche, grandis à gauche, élevés à gauche. Ignorant la nature profonde la droite, ils ne savent combien elle est porteuse de « mort » comme l'écrivait Duras. Mitterrand disait aussi que la droite française le haïssait parce que né à droite, devenu socialiste, il venait de chez eux, qu'il les connaissait bien, et savait de quoi ils étaient capables; pour eux, sa trahison était impardonnable, parce qu'il savait. Si certains dirigeants socialistes venaient de la droite, le PS n'en serait pas là où il en est aujourd'hui.

En 1986, le PS avait édité un petit autocollant rigolo et qui avait connu un joli succès. Il serait peut être temps de le rééditer, dans une version moins drôle. Signe des temps.

Bruno Roger-Petit

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L'anti Mites lutte contre la Malbouffe le 15 Déc

Source image

Les Mardis de l’insolite à l’Anti-Mites 8 chemin du Gabarn Route de Pau 64400 Precilhon

Mardi 15 Décembre à 19 heures
Soirée sur le thème : Lutter contre la Malbouffe !Les réveillons approchent ! Réveillons nous !


Présentation de quelques pistes existantes avec :
-Gilbert Dalla Rossa (Président de Slow Food Béarn)
-Hugues Moro (Maraîcher de la toute récente AMAP de Précilhon)
-Jean Emmanuel Constantin (Maraîcher Bio à Agnos)

Chacun parlera bien sûr de ses propres expériences, de ses objectifs, de ses espoirs, ils répondront à nos questions.

La soirée sera ponctuée par des textes sur la nourriture dits par Bruno Viougeas, slameur et habitué des mardi du Gabarn.

Important :
-Comme chaque mardi la soirée se poursuivra autour d’une table, nous demandons à chacun d’apporter « de la bonne et saine nourriture » à partager avec ses voisins !
-La grange sera chauffée !

A Mardi !
Josiane et Gérard

mardi 8 décembre 2009

Orwell vs Huxley

1984
Le Meilleur des mondes


George_Orwell vs Aldous_Huxley

George_Orwell vs Aldous_Huxley_2

Débat sur l'identité nationale: pour la première fois, la machine à enfumer n’a pas fonctionné

Nous l’avions expliqué récemment, le sarkozysme est avant tout une technique de manipulation, qui masque une parfaite continuité sur le fond.
En 2007, le candidat Nicolas Sarkozy avait déployé avec talent et moult renforts médiatiques cette technique d’enfumage. Les électeurs s’étaient laissés prendre au piège, accordant massivement leurs suffrages à un candidat dont ils croyaient qu’il allait incarner le volontarisme politique et une certaine rupture idéologique, sur des questions comme l’immigration, l’euro, la repentance, le pouvoir d’achat ou la sécurité.

Pendant les deux premières années du quinquennat, l’enfumage marcha à plein régime, et à chaque fois les Français, en premier lieu les électeurs du Sarkozy de 2007, tombaient dans le panneau : sur la gestion de la crise, présentée comme exemplaire par les médias et le pouvoir, sur la guerre en Géorgie, soi-disant réglée en une nuit par le chef de l’Etat, sur la présidence de l’UE, réputée exceptionnelle, sur les G20, décryptés par le bruit médiatique comme l’oeuvre du président français, sur la sécurité et l’immigration bien sûr, thèmes sur lesquels le pouvoir parut longtemps crédible et Nicolas Sarkozy combattif.
Les coups médiatiques succédaient aux coups médiatiques, et l’opinion publique ne parvenait pas à sortir la tête de la fumée.



Mais le ressort s’est brutalement cassé. A l’occasion du débat sur l’identité nationale, énième manoeuvre électoraliste avant les élections régionales. Pour la première fois en effet, les Français, très vite et dans des proportions massives, déjouèrent la stratégie de communication élyséenne et perçurent la supercherie.
On aurait pu craindre qu’une nouvelle fois les électeurs croient aux beaux discours de fermeté, aux envolées patriotiques du pouvoir.
Il n’en fut rien heureusement.

Et lorsque le pouvoir se rendit compte que le piège dans lequel il comptait une nouvelle fois enfermer les Français se retournait contre lui, il décida de couper court au débat, et de passer à autre chose.
Ainsi, Nicolas Sarkozy préféra vendredi envoyer François Fillon prononcer un discours sur l’identité nationale. Ce discours ressemblait d’ailleurs fortement à un enterrement du sujet en bonne et due forme.
Le pouvoir sortira probablement très vite de son chapeau un nouveau thème, un nouvel enfumage. Les impôts certainement. Il tentera de manipuler en faisant croire que l’explosion des impôts locaux s’explique simplement par la mauvaise gestion socialiste des régions, alors qu’en réalité c’est toute la décentralisation, portée par l’UMP et le PS depuis 30 ans, qui est en cause.

Le loupé sur l’identité nationale démontre que, pour la première fois, la machine à enfumer n’a pas fonctionné.

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lundi 7 décembre 2009

La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique

"La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique.
Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans mort apparemment.
Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde.
C'est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort."


François Mitterrand


Médias: Les grèves invisibles

«Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit»

Nicolas Sarkozy



Grève nationale des élèves-enseignants aujourd'hui

Grève des personnels du musée du Louvre aujourd'hui

Grève à la SNCF le 12 décembre

Grève imminente dans l'hôtellerie-restauration.

Grève imminente du secteur routier.

Les agents territoriaux du Mans en grève, « prêts à tenir toute la semaine »

À Fougères : l’Etat civil et la police municipale en grève

Grève concernant l'aéroport de Brest-Bretagne, pour demain et le lundi 14 décembre

6ème jour de grève de la faim au Département (île de La Réunion) : "Nous irons jusqu'au bout"

vendredi 4 décembre 2009

Pas de coup de pouce au smic au 1er janvier 2010

Au mois d'octobre, les prix à la consommation relevés selon la méthode de calcul de l'INSEE, étaient en baisse de 0,2% sur un an.

"Les experts disent qu'il faut revaloriser le smic pour éviter toute perte de pouvoir d'achat, faire en sorte que ce soit au niveau de l'inflation, mais qu'il ne faut pas l'augmenter au-delà sinon ça aurait un impact néfaste sur l'emploi", a dit Laurent Wauquiez sur RMC et BFM TV.

Le montant du smic brut horaire, revalorisé le 1er juillet de 1,3%, sans "coup de pouce", est actuellement de 8,82 euros. Il s'élève à 1.337,70 euros brut mensuels sur la base de la durée légale du travail de 35 heures par semaine, soit 1051€ net.



L’augmentation du salaire de Nicolas Sarkozy + 202 %
Le PDG de BNP Paribas + 21 %
Le PDG de France Télécom + 27 %
Le PDG du Crédit Agricole + 55 %
Le PDG d’EDF + 45%
Le PDG de Carrefour + 60 %
Le PDG de ST Micro Electronics + 119%
Le PDG de la Société Générale touche en un an 895 années de SMIC.

Le PDG de Bouygues a touché 605 années de SMIC.
Les dividendes annuels des gros actionnaires se comptent en milliers d’années de SMIC.

Sans parler du bouclier fiscal, des 72 milliards/an de niches fiscales, des 50 milliards d'évasion fiscale/an, des 65 milliards d'aides aux (grandes) entreprises, des 60 milliards de remboursement du "coût" de création de notre monnaie ainsi que des intérêts de la "dette" auprès des banques et autres investisseurs privés, des 35 milliards/an de fraude fiscale, des 20 milliards de ponction boursière, des 10 milliards/an de contribution nette française à l'Europe (deuxième plus gros contributeur européen après l'Allemagne)

Si la contribution des plus aisés et des grandes entreprises était ramenée au seul niveau de l'année 2000, ce sont 30 milliards par an qui reviendraient dans les caisses de l'Etat.

"S'agissant du pouvoir d'achat, qu'est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?"
Nicolas Sarkozy


Les caisses sont vides ou vidées ?

La France d'aujourd'hui...




Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette laissant les assiettes des autres vides et qui ayant tout, disent avec une bonne figure , une bonne conscience: "Nous qui avons tout on est pour la paix". Je sais que je dois leur crier à ceux là: "Les premiers violents , les premiers provocateurs de toute violence c'est vous. Et quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, au regard de dieu, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d'inconscients que n en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir"

jeudi 3 décembre 2009

Sommet de Copenhague : en grève de la viande !

L’élevage émet davantage de gaz à effets de serre que tous les transports réunis. Pourtant, le rôle majeur de la surconsommation de viande est systématiquement ignoré. Des solutions simples existent mais vont à l'encontre d'intérêts économiques. Face à l’inertie des pouvoirs publics, des citoyens, des personnalités et des organisations se mobilisent.

Pendant le sommet de Copenhague

Fabrice Nicolino, Pierre Rabhi, Allain Bougrain Dubourg,
Jean-Marie Pelt, Corinne Lepage, Jean-Paul Jaud, Sandrine Bélier
Jean-Paul Besset, Jean-Claude Pierre et Franck Laval

sont en grève de la viande pour briser le silence !



Ils exigent dès aujourd'hui une reconnaissance de l'impact de la viande sur l'environnement, la sous-alimentation humaine et la souffrance animale. Ils réclament un moratoire sur l’élevage intensif et des mesures énergiques pour faire baisser la consommation de produits d'origine animale.
Ils appellent l'ensemble des citoyens à les rejoindre dans ces revendications : soyons acteurs de notre société !



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mardi 1 décembre 2009

France: Bientôt le retour des milices ?

Jean-Luc Mélenchon ne met pas en doute l'intégrité et le professionnalisme des médias. Mais il s'étonne qu'ils aient pu passer sous silence une info aussi «énorme», à savoir l'annonce par le chef de l'Etat lors de son déplacement en banlieue le 24 novembre de la création de «milices» composées de citoyens bénévoles dans les quartiers. Pourtant, s'insurge le président du Parti de gauche, il suffit de lire le discours que le chef de l'Etat y a prononcé à cette occasion:

Des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la cohésion police-population. Ils s'appuieront sur des "volontaires citoyens de la police nationale", c'est à dire des habitants dont je veux engager le recrutement pour qu'ils s'impliquent dans la sécurité de leur propre quartier.



Alors, Jean-Luc Mélenchon a pris sa plume et appelé, sur son blog, à une «action urgente» sur le sujet:

Le 24 novembre Sarkozy s’est rendu à Bobigny, Epinay (93) et Le Perreux (94) annonçant que « ça va beaucoup bouger sur la sécurité » avec « un plan anti-drogue, un développement accru de la vidéosurveillance, et de nouveaux moyens d'enquête pour la police. » Etrange déjà de voir quelqu’un qui est déjà en première ligne de responsabilité sur la sécurité depuis plus de 7 ans, c'est à dire depuis son accession au ministère de l’intérieur en 2002, affirmer qu’il faut faire bouger beaucoup de chose dans son domaine d’action prioritaire. Notons le quand même. Mais une annonce qu’il a faite, énorme, est passée totalement inaperçue. Lisez cet extrait de son discours: « Des réservistes expérimentés seront recrutés comme délégués à la cohésion police-population. Ils s'appuieront sur des "volontaires citoyens de la police nationale", c'est à dire des habitants dont je veux engager le recrutement pour qu'ils s’impliquent dans la sécurité de leur propre quartier. » Il s’agit là du système expérimenté par Silvio Berlusconi en Italie et que l’on appelle « les chemises jaunes » du nom de la couleur de la chemise de ces miliciens. Ainsi Nicolas Sarkozy a l’ intention de créer des milices et personne ne dirait rien ? Avez-vous bien lu ? Dans votre quartier, certains habitants du quartier auront des fonctions de police, ce qui est déjà incroyable mais de surcroit ils auront ce pouvoir dans le quartier lui-même. Qui peut être d’accord avec ça ? Imaginez-vous concrètement ce que cela veut dire comme pouvoirs exorbitants accordés à ces personnes ? Il faut rapidement que nos parlementaires et nos élus locaux s’opposent à cette absurdité. Les milices locales sont la fin du maintien de l’ordre républicain. Aucune des imperfections et lacunes béantes de ce dernier ne justifie que l’on régresse à cette logique milicienne qui va déclencher des abus prévisibles et des inquisitions intolérables dans un pays libre.

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Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours

Le vrai visage du capitalisme français

Frédéric CHARPIER, Benoît COLLOMBAT, Martine ORANGE, David SERVENAY, Erwan SEZNEC


De la Seconde Guerre mondiale à la crise financière de 2008-2009, chacun croit plus ou moins connaître l’histoire de l’économie française. Mais derrière l’histoire officielle des manuels scolaires s’en cache une autre, secrète : elle met en scène les hommes qui ont réellement façonné le capitalisme français. C’est cette saga que racontent dans ce livre cinq journalistes d’investigation.

Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours

Elle plonge le lecteur dans les arcanes d’un véritable « système » né dans l’après-guerre et qui, malgré ses mutations, marque encore aujourd’hui la machine patronale. Du recyclage des anciens cadres de Vichy dans la reconstruction jusqu’aux caisses noires des syndicats patronaux, en passant par le financement secret des partis politiques ou les graves dérives du paritarisme, on découvre le rôle central de personnages aussi puissants que discrets, de Georges Albertini, éminence grise du patronat liée à l’extrême droite dans les années 1950, ou les « conseillers du prince » qui ont influencé les choix économiques des présidents successifs de la Ve République. On découvre aussi les efficaces lobbyistes d’un patronat capable de se tailler des réglementations sur mesure au mépris de la santé des citoyens. Et qui a su s’appuyer sur des intellectuels et des grands médias pour convertir les élites politiques aux « mérites » de la finance dérégulée.
Cette somme brosse le vrai portrait de nombreux patrons, révèle les bonnes affaires des uns dans la « Françafric », les juteuses opérations des autres dans l’immobilier ou l’industrie. On découvre comment se sont vraiment faites la plupart des grandes fortunes françaises, celles d’hier et d’aujourd’hui : subventions extorquées à l'État, entreprises publiques bradées, rachats de sociétés dans des conditions plus qu’obscures, montages financiers aux marges de la légalité, fraude fiscale, espionnage, coups fourrés, etc.
La légende de patrons conquérants, prenant tous les risques pour faire leur fortune à la force du poignet, sort sérieusement écornée de ce magistral livre-enquête.

Editions La Découverte

dimanche 29 novembre 2009

4 Septembre 1794: La bataille de Lescun

Le 4 septembre 1794, ce village a été le théâtre de terribles combats opposant 7.000 Espagnols, commandés par le Général marquis de Castelfranco, aux hommes du 5° bataillon de Volontaires des Basses Pyrénées.

Tandis que l'Armée française axe son effort sur Fontarabie, les Espagnols décident d'attaquer nos arrières afin de nous couper de nos axes d'approvisionnement.
Ils se rassemblent à Hécho, il y a là des troupes régulières, des milices, la garde Wallone et quelques canons de montagne. Leur point à atteindre est Oloron, où se trouvent nos approvisionnements, et le QG du 5° bataillon de volontaires des Basses Pyrénées.
Mais avant d'atteindre Oloron, il faut passer le col de Pau, atteindre Lescun. Les points de passages en montagne sont surveillés par des petits postes de 8 à 25 hommes.
Les Espagnols marchent de nuit pour être au petit matin dans la vallée. Arrivés au sommet, ils décident de passer dans la vallée en descendant sur leur gauche, malheureusement, ils sont stoppés dans leur effort par la résistance des petits postes.




Les coups de feu s'entendent dans la vallée, et le capitaine qui commande à Lescun alerte aussitôt son chef de bataillon à Oloron, et il demande également le renfort des compagnies stationnées alentour, à Bedous et Lhers.
Stoppés dans leur progression par la résistance française les espagnols font demi-tour pour chercher une autre voie d'accès.
Pendant ce temps, des miliciens qui ont pu se faufiler mettent la vallée en feu en incendiant les granges, ceci afin d'orienter la progression espagnole. (Il fait toujours nuit)

Quand les espagnols débouchent enfin de la montagne, ils ont face à eux la compagnie de volontaires qui défend le village. Le capitaine a fait rassembler tous les villageois qu'il a mis en arrière mais visibles de façon à faire croire qu'il dispose de renforts.
Arrivée dans la vallée. De la lisière visible sur la droite les français ajustèrent les Espagnols qui se retiraient. Le terrain plat visible en bas porte le nom de "Champ des morts" depuis cette date. C'est à cet endroit que les espagnols subirent les plus fortes pertes.

Les Espagnols sont confiants, mais surprise, alors qu'ils se lancent à l'assaut ils tombent sur un à-pic. Impossible de lancer une grande offensive frontale. C'est donc par un étroit sentier que vont se lancer les Gardes Wallones, et quand ils débouchent au Pont du Moulin, les Français les tirent comme des pigeons.
Castelfranco décide alors de contourner le village par la droite, et il envoie des hommes qui sous le couvert des arbres passent inaperçus.
Cruelle déception, leur avance sera stoppée par une cascade infranchissable.
C'est alors qu'arrivent nos deux compagnies qui montent de Bedous et qui les prennent de flanc. Panique chez les Espagnols qui se replient poursuivis la baïonnette dans les reins.
Non seulement les Espagnols fuient, mais les Français, les ramènent jusqu'à leur point de départ.
Les pertes espagnoles s'élèvent à 900 tués, 450 prisonniers.

50 grenadiers, 4 compagnies de volontaires et quelques gardes nationaux (NDLR en tout 600 hommes) ont stoppé une attaque combinée de 7.000 hommes.
C'était la première fois que cette unité voyait le feu.

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vendredi 27 novembre 2009

Causerie débat avec Xavier Renou autour de la désobéissance à Emmaus


Mardi 8 décembre à 20h30
Causerie débat autour du feu
gratuit, accès par l'ancienne entrée, chemin des Arroumégas à Lescar


Invité d'honneur Xavier Renou
Ancien chargé de campagne Désarmement nucléaire à Greenpeace France, Xavier Renou lance le collectif des Désobéissants en novembre 2006. Outil de formation à l'action directe non violente - plus de 90 stages organisés en France - les désobéissants sont aussi un outil d'accompagnement aux luttes, avec un soutien apporté à des dizaines d'actions directes non violantes en France et en Europe.

Xavier Renou est l'auteur de :
-Petit manuel de désobéissance civile
-Désobéir à la pub
-Désobéir avec les sans-papiers

Frédéric Lefebvre expulsé de Twitter en 24 heures

Le nombre de followers (les utilisateurs qui le suivent) monte en flèche. Il devient en quelques heures la personnalité francophone la plus citée sur Twitter.

Mais ses followers ne comptent pas tous se comporter en amis et, avec d'autres twitterers, lancent immédiatement une opération qui aurait pu être baptisée « Report for spam pour @FLefebvre_UMP », du nom du bouton qui permet de bloquer les spammeurs après un nombre important de signalements.

Une opération agrémentée de formules de bienvenue que l'on a déjà connues plus chaleureuses. Ce qui fait écrire le lendemain à l'intéressé sur ce même compte :

« Ils se défoulent mais me font un accueil inoubliable ! »



L'euphorie n'aura toutefois duré qu'une journée. Jeudi soir, impossible d'accéder à son compte. « Suspendu », explique Twitter, lorsqu'on essaye de se rendre sur sa page, qui indique :

« Désolé, le profil que vous essayez de voir a été suspendu à cause d'une étrange activité. »

C'est un houra de victoire qui s'empare alors des comptes de tous ses meilleurs ennemis. @faux_semblant s'en amuse :

« Incroyable, on a réussi à expulser @FLefebvre_UMP. On est les Eric Besson de Twitter. »

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mardi 24 novembre 2009

L'industrie pharmaceutique tient à remercier Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en sauveur de l'industrie pharmaceutique, qui amasse des milliards tout en licenciant massivement... Non, non, vous ne rêvez pas.

Le 26 octobre 2009, le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS), réunissant les dirigeants des principaux groupes pharmaceutiques français, était reçu à l'Elysée. L'heure est grave. Le secteur pharmaceutique hexagonal sera (peut-être) bientôt dans le rouge. En 2012, les brevets des médicaments les plus vendus expireront. Certains y voient l'effet d'une nette baisse de l'effort de recherche des labos, qui préfèrent de loin se concentrer sur le marketing et le lobbying. Pas Nicolas Sarkozy. En conclusion de cette petite sauterie, le chef de l'Etat a en effet confirmé point par point les revendications des grands groupes.

Bingo !

"Les revenus de vos entreprises vont baisser de 20, 30 ou 40%" a déclaré Nicolas Sarkozy, le regard sombre, devant les patrons du CSIS. Pour le président, cette "chute historique" est exclusivement due à la "générication" des médicaments. La solution est donc toute trouvée : il faut aider financièrement l'industrie pharmaceutique. Un fonds d'investissement dans les biotechnologies de la santé sera créé, doté d'emblée de 130 millions d'euros et financé pour moitié par l'Etat. La suppression de la taxe professionnelle allègera de 16% les charges des entreprises du secteur, le Crédit impôt recherche réformé en 2008 et reconduit pour 2010 permettra aux entreprises de se voir rembourser 30% de leurs dépenses de recherche et développement (R&D), tandis qu'à l'avenir, "l'emprunt national [notez l'absence du terme "grand"] pourrait financer certains investissements", notamment la création d'instituts hospitalo-universitaires en partenariat avec le privé. Cinq de ces établissements seront d'ailleurs labellisés en 2010... Cinq, soit exactement le nombre de firmes représentées au sein du Conseil stratégique (modestement surnommé G5 par ses membres) : Sanofi-Aventis, Pierre Fabre, Servier, Ipsen et le Laboratoire de fractionnement des biotechnologiques. Heureux hasard...

L'art de subventionner des entreprises ultra-bénéficiaires qui licencient...

Pas peu fier de ses annonces, Nicolas Sarkozy a finalement donné rendez-vous à ses interlocuteurs en 2012 pour une nouvelle réunion du CSIS. "Nous pourrons alors constater, j'en forme le voeu, que vous aurez investi et créé des emplois en France" a-t-il déclaré. Un voeu qui restera pieu, à n'en pas douter. Ne riez pas trop fort... Cet été, Sanofi-Aventis a présenté son projet de "réorganisation" se traduisant par plus de 1200 suppressions de postes liés à la R&D, soit 20% des effectifs. Comme le labo représente 50% des effectifs totaux de R&D de l'industrie pharmaceutique française, ce sont 10% des effectifs nationaux qui disparaitront ainsi du secteur. Tout cela alors que Sanofi-Aventis a vu ses profits augmenter de 22% au premier semestre 2009, qu'il a réalisé des acquisitions pour 6,2 milliards d'euros et que les retombées de la vaccination anti-grippe A s'annoncent plus que juteuses... L'heure est grave, puisqu'on vous le dit.



La recherche pour le public, les bénéfices pour le privé

D'ailleurs, Marc Cluzel, responsable de la branche R&D de Sanofi-Aventis, l'a clairement affirmé lors de l'annonce du plan de licenciement : "Pourquoi voudriez-vous qu'on continue à financer 100% de notre recherche interne alors qu'à l'extérieur, les organismes de recherche publique, les biotechs, les universités sont financés en tout ou partie par l'état et les collectivités territoriales". Analyse partagée par le DG de l'INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), André Syrota, qui a récemment confirmé que "les industriels de la pharmacie vont externaliser entre 20% et 30% de leurs recherches vers des laboratoires académiques". Et par Claire Roussel, directrice des partenariats chez Roche France (Les echos) : "la productivité de nos laboratoires est en chute libre alors que les coûts de R&D ont doublé. Le tuyau de l'innovation se tarit". En clair, la recherche coûte trop cher à l'industrie pharmaceutique, pour des résultats médiocres. Les firmes s'en désengagent donc massivement, préférant licencier ses chercheurs pour s'appuyer sur les laboratoires publics, en grande partie financés par l'Etat.

Chercheurs en solde

Résumons. En France, la part de la recherche est passée de 2,24% du PIB en 2002 à 2,02% en 2008, selon l'association "Sauvons la recherche". Et depuis son arrivée au pouvoir, Nicolas Sarkozy n'a de cesse de chercher les chercheurs. D'où l'engagement des pouvoirs publics à "poursuivre la simplification de l'organisation de la recherche en Sciences de la Vie et de la Santé et à maintenir leur effort de soutien public aux projets de recherche partenariale dans le domaine de la santé". Comprenez : on assèche les financements de la recherche publique française (qui est vraiment nulle) pour mieux la contraindre à accepter des partenariats public-privé (puisque les labos la trouve super efficace)... Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Pôle emploi ("lessivé par l'Etat, essoré par le privé" ) par exemple... le scénario est bien rôdé. Au final, au moment de négocier, les instituts publics se retrouvent en situation de faiblesse, et les labos privés se goinfrent !

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Contre la suppression de l’Histoire-Géographie en Terminale Scientifique, par Jacques Sapir

« On vient d’apprendre que le Ministre de l’Éducation Nationale, M. Luc Chatel, a décidé de supprimer l’Histoire et la Géographie comme matières obligatoires en Terminale Scientifique. Il se propose néanmoins de les maintenir dans un cadre optionnel. Ce nouvel épisode de la réformite aiguë de tout Ministre de l’Éducation Nationale laisse anéanti et scandalisé. Ceci d’autant plus que ce n’est pas trahir un secret que de révéler que le Ministère avait commencé par reculer et par admettre que sa réforme n’était pas fondée, en rétablissant l’Histoire et la Géographie dans le cursus des disciplines obligatoires en Terminale Scientifique. »

Par Jacques Sapir, Directeur d’études à l’EHESS, 23 novembre 2009


On peut supposer que les pressions des associations de mathématiciens et de physiciens qui veulent à tout prix conserver à cette terminale son caractère de « pureté » ont dû être très fortes ces derniers jours. Cela aboutit à une décision qui privera plus de la moitié des lycéens de Terminale d’un enseignement tout à fait nécessaire. Cette question ne concerne pas que les historiens et géographes, même si l’on ne doit pas s’étonner que ces derniers protestent très vigoureusement. Ancien élève de ce que l’on appelle une Terminale Scientifique (une Terminale C en l’occurrence), économiste et spécialiste en recherches stratégiques, je me suis sentis personnellement interpellé par cette mesure.

Une mesure démagogique et une politique schizophrène.

Tout le monde peut comprendre, au vu de ce qu’est un lycéen aujourd’hui, et plus particulièrement dans une section scientifique avec une spécialisation renforcée par la réforme, qu’une telle décision va aboutir à la suppression totale de cet enseignement. Très peu nombreux seront les élèves qui prendront une telle option. Nous ne devons donc nourrir aucune illusion. Le caractère démagogique de la mesure est évident dans la mesure où il fait reposer sur les élèves la décision de prendre ou de ne pas prendre les cours d’Histoire et Géographie à un moment où la spécialisation de la filière vient d’être réaffirmée.

Alors que, aujourd’hui, plus de 50% des élèves ont choisi la Terminale Scientifique, ceci revient à enlever l’enseignement d’Histoire et Géographie à cette même proportion. Quand bien même on arriverait dans le cours de la réforme à faire baisser ce nombre vers le 35%, ceci resterait absolument inacceptable.

Seul le rétablissement de l’Histoire et de la Géographie dans le cadre de cours obligatoires peut garantir qu’elles seront suivies par les élèves des Terminales Scientifiques.

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A la fin s'est formé un "cartel" de sept grands assureurs privés.

Consultant, mais aussi expert au Centre pour les médias et la démocratie, Wendell Potter est un farouche critique du système de santé américain. Il en connaît tous les rouages : pendant quinze ans, il a travaillé à la communication de Cigna, une des premières sociétés privées américaines d'assurance-santé.

Sa vie a basculé en deux temps. D'abord lorsque, en 2007, il a rendu visite à son père, au Tennessee. Il a assisté à une distribution gratuite de soins à des non-assurés par des médecins volontaires. "La queue était interminable. Des gens avaient passé la nuit dans leur véhicule avec leurs mômes pour être sûrs d'être soignés. Je me suis dit : c'est ça, être malade en Amérique ?" Ensuite, lorsqu'est sorti Sicko, le film de Michael Moore, Cigna lui a demandé - c'était son rôle - de préparer un contre-argumentaire. "Je suis sorti de la salle en pensant : qu'est-ce que je vais pouvoir raconter pour discréditer ce film ? En gros, ce que montrait Moore était exact. J'étais bien placé pour le savoir." Assez vite, la foi du converti et un blog où M. Potter disait ce qu'il pensait de l'état de la santé dans son pays ont poussé Cigna à le convier à quitter l'entreprise.

C'est à deux pas du gratte-ciel qui abrite Cigna, à Philadelphie, qu'il nous reçoit. Wendell Potter montre l'immeuble de son ancien employeur : "J'étais au 40e étage, juste sous la direction générale. Quand on travaille en entreprise, surtout à un échelon supérieur, on s'y identifie. On ne peut pas imaginer que son credo ne soit qu'un cache-sexe."

Le 15 septembre 2009, il a témoigné devant la commission de la gouvernance politique de la Chambre des représentants. Il y a évoqué une première puissance mondiale classée 27e pour la mortalité infantile et 28e pour l'espérance de vie ; et, surtout, une assurance-santé privée pour qui "le profit passe avant le bien-être des patients". Le Monde l'a interrogé sur les lobbyistes.



Comment fonctionne le lobby de l'assurance-santé privée et quelle est son influence ?


Il est financé par ses membres, principalement des grands assureurs-santé, pour défendre leurs intérêts collectifs. Ses stratèges travaillent sur la manière de peser sur les décisions du Congrès, ses communicants sur la façon d'influencer l'opinion publique. Ce lobby, profondément enraciné à Washington, est extrêmement puissant dans les coulisses du Congrès. Mais son problème récurrent est d'être peu populaire. C'est pourquoi, souvent, il n'agit pas au grand jour : plus que d'autres, il a besoin d'organisations qui relaient son point de vue sans lien apparent avec lui.

La Chambre de commerce américaine en est un parfait exemple. C'est un groupe patronal politisé, très à droite, mais dont l'intitulé laisse croire qu'il est un simple syndicat. De même, la National Federation of Independent Business, son équivalent chez les PME, se dit "sans parti pris". Or l'objectif premier de ces groupes est de lutter contre toute obligation des employeurs de fournir une couverture-santé à leurs salariés.

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