mardi 12 janvier 2010

Vincent Peillon "La suppression des Grandes Ecoles, ça veut dire internaliser à l'Université l'excellence"

Vincent Peillon aux micros de France Inter sur l'égalité républicaine, l'Ecole, l'Université, la suppression des Grandes Ecoles et la sélection par les mathématiques.

extrait:
Il y a quelques années, un de vos collègues avait parlé de la préférence française pour le chômage. Moi je pense qu'il y a une préférence française, derrière tous les discours hypocritement républicains, pour les inégalités. Vous parliez à l'instant du modèle américain. Nous sommes je crois le seul pays des grandes démocraties occidentales où ce sont les enfants des classes défavorisées qui financent les études des enfants des classes favorisées. Nous avons une Université très pauvre, tout le monde s'en plaint. Nos étudiants ne coûtent pas cher, par contre nos élèves de classes préparatoires coûtent très cher. Je pense que tant qu'on organisera un système dual, les Grandes Ecoles d'un côté, les Universités de l'autre, on aura ce dysfonctionnement. Autrefois il y avait à la fois l'Ecole Primaire et l'Ecole Primaire Supérieure, les républicains les ont réunies, ça a été une bonne chose. Moi je suis, je le dis depuis dix ans, pour la suppression des Grandes Ecoles, ça veut dire, internaliser à l'Université l'excellence. Nous donnons beaucoup d'argent à ces Grandes Ecoles. Nous levons maintenant des fonds privés et nous paupérisons, nous appauvrissons nos Universités dans lesquelles d'ailleurs nous parquons des enfants à qui nous avons fait une promesse républicaine, celle des classes défavorisées et moyennes, qui n'est pas tenue. Alors c'est un bon projet. Non pas celui des quotas. Ca a été rectifié. J'étais farouchement contre. L'idée de rendre l'accès aux grandes écoles plus démocratique. Qui pourrait être contre ? Mais je pense que le problème fondamental qui est le notre, celui d'une excellence collective, devra passer par cette suppression, et donc les intégrer. Dès que vous êtes excellent on vous sortira de l'Université, faudra pas se plaindre que les Universités soient en difficulté. Ca vaut pour les professeurs, ca va le valoir de plus en plus. Ca vaut pour les fonds publics, ça vaut maintenant puisqu'on fait des Fondations, pour les fonds privés. Donc on est en train d'organiser, c'est pour ça que je parle de préférence française pour les inégalités dans une très grande hypocrisie, un système totalement dual. Ca vaut d'ailleurs aussi, il faudrait reparler des problèmes dont nous avons parlé à Nanterre dans ce quartier très difficile des Pâquerettes, de la sectorisation des élèves. Car en réalité derrière les inégalités scolaires, vous avez d'abord les inégalités territoriales et sociales. Et tant que la France ne résoudra pas ce problème absolument majeur,tout le monde le sait, absolument majeur, l'école ne pourra pas résoudre toute seule les problèmes de la société. Donc je pense que sur l'Université, la vraie réforme, la grande réforme, c'est demain de pouvoir introduire l'excellence dans les Universités en supprimant ces deux filières.

Vincent Peillon, député PS européen, mardi 12 janvier 2010

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