jeudi 26 mars 2009

Istanbul : le "droit à l’eau" plombé par la France

Istanbul n’a donc accouché de... rien. 192 pays, près de 30.000 participants, mais aucun résultat. La France s’était voulue le chantre du "droit d’accès à l’eau", l’étendard déployé de son si cher "modèle français" de la gestion déléguée de l’eau, c’est à dire de la distribution privatisée habillée du joli patronyme de "partenariat public-privé". Crédibilité zéro. Comment s’étonner que la délégation officielle de notre pays, et avec elle de nombreuses autres délégations et ONG, revienne bredouille ? (...)



Car c’est bien là que le bas blesse : la version française du "droit d’accès à l’eau potable", revient pour ainsi dire à "l’obligation de confier ses ressources à l’une des majors de l’eau", les pays en développement y voient une menace sur leurs ressources, et les pays développés le moyen pour la France d’engraisser ses "fleurons industriels" au moyen de l’aide au développement. Le serpent se mort la queue. Comment s’étonner que l’éléphant ait accouché d’une toute petite souris ? C’est comme quand Sarkozy proposera au G20 de moraliser le capitalisme : comment veux-tu que tout le monde ne lui rit pas à la figure ?
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source betapolitique.fr

mercredi 25 mars 2009

Semaine sans pesticides du 20 au 30 mars


Des collectivités, des entreprises, des associations et bien d’autres acteurs mettent en place, partout en France mais aussi dans le monde, des conférences, des projections de films, des débats, des expositions ou encore des spectacles, des sorties sur le terrain, des visites et portes ouvertes en jardins ou exploitations agricoles…(Cf : Site Semaine sans pesticide)

Toutes ces actions citoyennes démontrent que les risques sanitaires et environnementaux liés à l’utilisation des pesticides sont désormais inacceptables et que les alternatives aux traitements chimiques existent et qu’elles sont viables.

Depuis sa création en 2006, la Semaine pour les alternatives aux Pesticides est l’événement fédérateur et novateur qui permet de maintenir la pression sur les décideurs et prouver que l’on peut et que l’on doit aujourd’hui se passer des pesticides.

Non aux trainées d'épandage aériennes...


L’ACSEIPICA propose une pétition en ligne :

A l’attention de : Mr Nicolas SARKOZY président de la Republique française

Je soussigné(e) estime avoir le droit d’être informé(e) au sujet des trainées d’épandage aériennes.

Ce ne sont pas de simples trainées de condensation puisqu’un avion de peut produire des trainées de condensation qu’au dessus de 8000m d’altitude tandis que les avions à la source de tels épandages circulent beaucoup plus bas dans les couloirs militaires et sont beaucoup plus nombreux que les appareils civils censés y circuler. On peut également le constater à leur taille apparente et à leur ronronnement caractéristique aisément audible dans les endroits silencieux. Il suffit de suivre des yeux ces traces quelques minutes pour constater qu’elles s’effilochent en nuages étranges dont les couleurs et les formes dévoilent une composition chimique particulière au contraire des trainées de condensation qui disparaissent habituellement au bout de 10mn en moyenne. D’ailleurs ces nouveaux nuages sont apparus en 2000 dans la nomenclature météo des nuages. Certaines de leurs influences sur le climat sont directement observables : ciel de plus en plus voilé et blanchâtre, augmentation des écarts thermiques, brouillards persistants et vent au lieu de pluie. De plus on ne peut que soupçonner leur influence sur la santé avec l’accroissement notable des maladies respiratoires telle que l’asthme, neuro-dégénérescentes telle que la maladie d’Alzheimer tout comme les cancers liés à l’environnement.

Quand au financement de ces opérations, nous citoyens sommes en droit de demander des comptes. Alors que des conférences mondiales se tiennent sur le climat il n’est pas concevable d’occulter plus longtemps de telles opérations aux répercussions bien réelles.

En conséquence, je désire que toute la lumière soit faite à ce sujet et je demande qu’il soit mis fin à ces épandages toxiques pour que la Terre et ses habitants d’aujourd’hui et de demain retrouvent santé et équilibre. Respectons la Terre et son atmosphère et mobilisons nous pour notre santé et la sienne.

Vous pouvez signer la pétition ici

NB : Un rapport gouvernemental récemment déclassé fournit pour la première fois une histoire officielle complète des tests d'armes biologiques de la Grande-Bretagne entre 1940 et 1979.
Lire l'article publié sur le Guardian (traduit en français)
Source de l'article sur le Guardian

mardi 24 mars 2009

Je ne veux plus rentrer chez moi


Le 29 janvier, nous étions des millions, le 19 mars, 500 000 de plus et, si on écoute certains, il faudrait attendre le 1er mai?
Pourquoi pas la Saint Glinglin? Et que fait-on d'ici là?


Des grèves, des grèves administratives, des désobéissances civiles qui durent dans l'université, l'industrie, le commerce, l'enseignement, chez les sans papiers depuis des mois et il faudrait rentrer chez soi avec la gueule de bois, nos revendications, nos espoirs, nos projets de société remisés jusqu'au 1er mai?

Et pourquoi pas la Saint Glinglin?!

Vous savez bien que la cause de nos malheurs, c’est le système capitaliste?

Le Capitalisme, nous n'en voulons plus mais nous faisons comme si on devrait faire obligatoirement avec. Croyons-nous vraiment comme certains voudraient nous le faire croire qu'il est indépassable, juste "moralisable" ?

Le capitalisme, on en connaît les conséquences catastrophiques pour les femmes, les hommes, les corps et les esprits, l'humanité, les civilisations et la planète mais nous n'osons pas dire « NON » et ne plus rentrer à la maison, au travail car tout se passe comme si nous avions besoin d’attendre un ordre, un signal venu d’on ne sait quel « en haut » pour nous mettre à la révolution permanente.

Cela nous rassure-t-il vraiment de rentrer à la maison, au travail alors que nous savons que ces lieux sont de plus en plus menacés en France, en Europe, en Afrique, dans le Monde ?

Avons-nous peur de ne pas savoir penser, construire un autre modèle de société ? Est-ce pour cela que nous rentrons chez nous, au travail ? Pourtant, les résistants dans le Conseil National de la Résistance, les communards et bien d'autres ont pensé et élaboré un projet de nouvelle société dans la lutte! Et leurs propositions sont encore pertinentes aujourd'hui!

Ou pensons-nous peut-être ne pas avoir le choix ?

Pourtant, aujourd’hui-même en Amérique du sud, des peuples inventent chaque jour un autre avenir pour eux-mêmes et leurs enfants !

Pourtant, en Guadeloupe et ailleurs, des luttes tenaces se sont construites à partir de milliers de gouttes d’eau qui ont su et voulu se rassembler !

Nous le savons bien, comme tant de fois dans l’histoire, nous n'avons rien à attendre « d’en haut ». Le changement ne peut venir que de nous !

Les organisations, les associations, les syndicats, les partis, bref en un mot: le mouvement social c’est nous !

Alors assumons nos responsabilités devant l’histoire !

Prenons nos revendications en main!

Donnons sans attendre de la force au mouvement !

Il faut bien commencer, je me lance. Reprenons la balle avec des modes d'organisation inspirés de la Commune, par exemple:

- organisons-nous en Commune autour des mairies de village, de ville, de quartier et d'arrondissement

-diffusons dès aujourd’hui ce message de rendez-vous dans les entreprises, aux portes des commerçants, à la sortie des écoles, devant les pôles emplois, les associations de quartier, les PMI, les foyers de travailleurs immigrés, dans les transports en commun, les jardins publics…

Il suffit d’écrire sur une feuille le rendez-vous :

« Pour faire suite aux manifestations et aux grèves, Lundi soir à 18h30 devant la mairie, on discutera de la suite, amenez un gâteau ou un sandwich à partager on ne sait jamais…Signé : « Je ne veux pas rentrer chez moi !»

-désignons nos délégués pour faire le lien avec les entreprises en lutte et les autres ! la coordination est à construire avec des délégués aux mandats impératifs et révocables par l'assemblée.

-organisons des gardes pour les enfants, des repas froids etc...

-faisons passer ce message partout autour de nous en imprimant un petit texte, en parlant du rendez-vous à nos proches, voisins, collègues, amis…..

- diffusons ce message pour ceux qui ont des contacts en Europe ou ailleurs dans le monde

Commençons lundi soir à partir de 18h30 et, pour l'instant, donnons-nous rendez-vous tous les lundis et/ou tous les soirs à la même heure au même lieu. Des mairies, il y en a même sur les lieux de vacances!

Commençons à collecter les communiqués, bilans etc sur un site pour savoir vraiment où on en est. Je propose, par exemple le site "Je ne veux plus rentrer chez moi" qui s'est créé dans la foulée de « l'Appel des Appels »: www.21mars2009.fr et faisons-le vivre.

Je vais également proposer ce texte-appel sur le site: http://www.rougemidi.org/

Ce n'est qu'un début...

La grève générale ne se décrète pas, mais elle s'organise et se construit!

NOUS NE VOULONS PLUS RENTRER CHEZ NOUS !
RENDEZ-VOUS LUNDI 30 MARS DEVANT LA MAIRIE LA PLUS PROCHE DÈS 18H30!
ORGANISONS LA GRÈVE GÉNÉRALE À NOTRE RYTHME !

Un nouveau texte et une proposition d'Aline Pailler
Plus d'infos : Ici

Manifeste pour les produits de haute nécessité


"L'utopie est ce qui manque au monde, le seul réalisme capable de dénouer le nœud des impossibles. [...] Toute politique sera estimée à son intensité en Relation. Et il y a plus de chemins et d'horizons dans le tremblement et la fragilité que dans la toute-force".
Édouard Glissant et Patrick Chamoiseau dans "L'intraitable beauté du monde".
Lire le Manifeste pour les produits de haute nécessité

Biodiversité cultivée et agriculture : la renaissance des semences paysannes par Thomas Levillain


Mardi 24 Mars 2009 à Pau
21h00 Conférence / Débat dans le cadre de la semaine de l'environnement organisée par l'association ASPE à Pau
« Biodiversité cultivé et agriculture : la renaissance des semences paysannes » de Thomas Levillain membre du réseau semence paysanne

Université de Pau : amphithéâtre A dans le hall de la faculté des sciences - gratuit

Depuis 2003 la dynamique paysanne et la société civile sont engagées dans la biodiversité cultivée. En effet face à l’utilisation quasi systématique des biotechnologies dans les productions de semences et à l’inadaptation des semences modernes aux conditions d’agriculture biologique et paysanne, des groupes de paysans se sont réappropriés les semences d’autrefois pour les remettre au goût du jour.
Retour sur les initiatives du réseau semence paysanne et les perspectives de ces semences d’avenir.

Suite à cette conférence nous dévoilerons les résultats d’une étude nationale réalisée sur l’alimentation étudiante, et nous nous poserons la question, comment se nourrir responsable quand on est étudiant ?

lundi 23 mars 2009

Alandar récidive le 28 Mars à Arudy


Soirée concert le 28 mars à Arudy
Alandar se prépare à récidiver.
Le lieu du forfait Arudy, à partir de 19h00 à la salle d'Espalungue.
Au programme musique, bonne humeur et bière bio!

Venez nombreux et parlez en autour de vous.

Site Internet d'Alandar

samedi 21 mars 2009

EDF, GDF et le gouvernement arnaquent les plus pauvres

Des centaines de milliers de Français modestes ou pauvres n’ont toujours pas accès aux tarifs sociaux de l’électricité (TPN) et du gaz (TSS). Du côté d’EDF, de GDF et du gouvernement, tout a été pensé pour faire des économies sur leur dos. Cerise sur le gâteau, le traitement des dossiers des ayants droit aux tarifs sociaux a été confié à une multinationale : Xerox Global Services France. Les dessous d’un scandale politique et social !



Le TPN (Tarif électrique de Première Nécessité) et le TSS (Tarif Social Solidarité Gaz) ont été créés afin de réduire la facture d’énergie des Français les plus modestes. Dans son obsession de privatiser les missions régaliennes de Service Public, même les plus vitales comme l’accès aux énergies, Nicolas Sarkozy a non seulement servi la gestion des TPN et TSS sur un plateau à la multinationale Xerox Corporation, mais il a mis en place une «usine à gaz» dont le but est de rendre très difficile l’accès à ces tarifs sociaux. En conséquence, des centaines de milliers de familles modestes paient plein pot leur gaz et électricité, à la grande satisfaction des actionnaires d’EDF et de GDF.
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Libertés individuelles: Quand le malaise s'installe...

Certains d'entre vous se souviennent probablement de cet appel d'offres émanant de la délégation à la Communication du ministère de l'Education nationale en date du 18 Octobre 2008 et dont l'existence avait été révélée trois semaines plus tard par Rue89:

" Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à :

* identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
* identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion
* repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
* décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
* anticiper les risques de contagion et de crise.
"


On pourra également se souvenir de la mésaventure de ce jeune blogueur:

"Son tort : avoir voulu informer sur les réformes Darcos. Avant fermeture, son site n'avait reçu que quinze visites."



Et pourquoi ne pas évoquer l'énième chambardement présidentiel opéré cette fois au niveau de la CNIL:

"Sarkozy l’avait promis-juré pendant sa campagne présidentielle de 2007 : il allait “renforcer les moyens de la Cnil pour qu’elle puisse répondre efficacement à ses missions“… C’est chose faite : mais au lieu de crédits sonnants et trébuchants, le “renforcement” en question est surtout doctrinal et consiste à injecter des “moyens” humains dans la stricte ligne gouvernementale, en nommant de nouveaux membres très politisés.
Les cinq “personnalités qualifiées” issues de la société civile qui viennent d’être renouvelées “sont désormais toutes UMP ou apparentées“
"

Avec en prime l'avis éclairé de Jean-Bernard Magescas à propos des projets de loi Création et Internet, Hadopi et de régulation de l'Internet:

"Ce qui est important c’est que la loi Hadopi ne passe pas ! Il y a alerte rouge, Hadopi n’est que le début ! Vous voyez les films de science-fiction à la Matrix ? On y est. On est tout près du contrôle total des échanges électroniques entres les gens. S’ils sont capable de faire ça pour le lobby de l’industrie du disque, qu’est-ce qu’ils vont faire quand ce sera un lobby plus puissant et plus riche qui le demandera ?

On est dans un système où ne sait pas qui veut contrôler quoi, mais on ressent une menace. Par exemple, que font les gens comme CISCO et d’autres à installer chez les opérateurs et les FAI des logiciels permettant d’analyser les paquets [unités d’information ndlr] qui circulent sur les réseaux ? On est déjà dans l’analyse des paquets et dans le filtrage. Et, de leur côté, les FAI ne disent pas qu’ils ne peuvent pas le faire techniquement, ils demandent juste qui va payer.
"

La lettre des inculpés de Tarnac


Voilà quatre mois que le feuilleton médiatico-judiciaire intitulé l'"affaire de Tarnac" ne cesse de ne plus vouloir finir. Julien (Coupat) va-t-il sortir à Noël ? Pour le Nouvel An ? Aura-t-il plus de chance vendredi 13 ? Non, finalement on le gardera encore un peu en prison, enfermé dans son nouveau rôle de chef d'une cellule invisible. Puisqu'il semble que quelques personnes aient encore intérêt à faire perdurer cette mascarade, même au-delà du grotesque, il va nous falloir endosser, encore une fois, le rôle que l'on nous a taillé ("les 9 de Tarnac"), pour un nécessaire éclaircissement collectif. Alors voilà.

Primo. Pendant que des journalistes fouillaient jusque dans nos poubelles, les flics reluquaient jusqu'à l'intérieur de nos rectums. C'est assez désagréable. Depuis des mois vous ouvrez notre courrier, vous écoutez nos téléphones, vous traquez nos amis, vous filmez nos maisons. Vous jouissez de ces moyens.

Nous, les neuf, nous les subissons, comme tant d'autres. Atomisés par vos procédures, neuf fois un, alors que vous, vous êtes toute une administration, toute une police et toute la logique d'un monde. Au point où nous en sommes, les dés sont un peu pipés, le bûcher déjà dressé. Aussi, qu'on ne nous demande pas d'être beaux joueurs.

Deuzio. Bien sûr vous avez besoin d'"individus", constitués en "cellule", appartenant à une "mouvance" d'une fraction de l'échiquier politique. Vous en avez besoin, car c'est votre seule et dernière prise sur toute une part grandissante du monde, irréductible à la société que vous prétendez défendre. Vous avez raison, il se passe quelque chose en France, mais ce n'est certainement pas la renaissance d'une "ultragauche". Nous ne sommes ici que des figures, qu'une cristallisation somme toute plutôt vulgaire d'un conflit qui traverse notre époque. La pointe médiatico-policière d'un affrontement sans merci que mène un ordre qui s'effondre contre tout ce qui prétend pouvoir lui survivre.

Il va sans dire qu'à la vue de ce qui se passe en Guadeloupe, en Martinique, dans les banlieues et les universités, chez les vignerons, les pêcheurs, les cheminots et les sans-papiers, il vous faudra bientôt plus de juges que de profs pour contenir tout ça. Vous n'y comprenez rien. Et ne comptez pas sur les fins limiers de la DCRI pour vous expliquer.

Tertio. Nous constatons qu'il y a plus de joie dans nos amitiés et nos "associations de malfaiteurs" que dans vos bureaux et vos tribunaux.

Quarto. S'il semble aller de soi pour vous que le sérieux de votre emploi vous amène jusqu'à nous questionner sur nos pensées politiques et sur nos amitiés, nous ne nous sentons pas, quant à nous, le devoir de vous en parler. Aucune vie ne sera jamais absolument transparente aux yeux de l'Etat et de sa justice. Là où vous avez voulu y voir plus clair, il semble plutôt que vous ayez propagé l'opacité. Et l'on nous dit que, désormais, pour ne pas subir votre regard, ils sont toujours plus nombreux ceux qui se rendent à des manifestations sans téléphone portable, qui cryptent les textes qu'ils écrivent, qui font d'habiles détours en rentrant chez eux. Comme on dit : c'est ballot.

Quinto. Depuis le début de cette "affaire", vous avez semblé vouloir accorder beaucoup d'importance au témoignage d'un mythomane, aussi appelé "sous X". Vous vous obstinez, c'est courageux, à accorder un peu de foi à ce ramassis de mensonges, et à cette pratique qui a fait l'honneur de la France il y a quelques décennies - la délation. C'en serait presque touchant, si ça ne conditionnait pas l'accusation de chef à l'encontre de Julien, et donc son maintien en détention. Si ce genre de "témoignage" ne justifiait pas des arrestations arbitraires, comme à Villiers-le-Bel après les émeutes.

Enfin, étant entendu que la marge de liberté qu'il nous reste est désormais fort réduite, que le seul point à partir duquel nous pouvons nous soustraire à votre emprise réside dans les interrogatoires auxquels vous nous soumettez à intervalles réguliers. Que Julien s'est déjà vu refuser quatre demandes de remise en liberté. Qu'il est notre ami. Qu'il n'est rien de plus que ce que nous sommes. Nous décidons qu'à partir de ce jour, dans l'héroïque tradition d'un Bartleby, "nous préférerons ne pas". En gros, nous ne vous dirons plus rien et cela jusqu'à ce que vous le libériez, jusqu'à ce que vous abandonniez la qualification de chef pour lui et de terrorisme pour nous tous. En résumé, jusqu'à ce que vous abandonniez les poursuites.

Pour tous ceux qui, là où ils sont, se battent et ne se résignent pas. Pour tous ceux que le ressentiment n'étouffe pas et qui font de la joie une question d'offensive. Pour nos amis, nos enfants, nos frères et nos soeurs, les comités de soutien. Pas de peur, pas d'apitoiement. Pas de héros, pas de martyrs. C'est précisément parce que cette affaire n'a jamais été juridique qu'il faut transporter le conflit sur le terrain du politique. Ce que la multiplication des attaques d'un pouvoir toujours plus absurde appelle de notre part, ce n'est rien d'autre que la généralisation de pratiques collectives d'autodéfense partout où cela devient nécessaire.

Il n'y a pas neuf personnes à sauver mais un ordre à faire tomber.

Aria, Benjamin, Bertrand, Elsa, Gabrielle, Manon, Matthieu, Yldune